La programmation est l’élément central d’un camp. Elle structure l’ensemble des activités quotidiennes, hebdomadaires et même de tout l’été, variant selon les besoins, l’âge et les intérêts des jeunes, les ressources disponibles et les objectifs.
Élaborée avec soin à l’aide d’une thématique, enrichie par une variété de jeux, de sorties et d’autres activités, elle s’adapte à l’état d’esprit du groupe grâce à sa souplesse. Elle joue un rôle essentiel en rassurant les parents tout en dynamisant continuellement la vie du camp. Si sa mise en œuvre est souvent assurée par le personnel de coordination, d’animation et d’accompagnement, il est essentiel que les gestionnaires en maîtrisent les principes de base afin de guider l’équipe, d’évaluer objectivement son travail et de s’assurer que le service offert à la clientèle est de qualité.
Trois groupes d’éléments à prendre en considération afin de concevoir une programmation attrayante et efficace.
La programmation exige d’être proactif pour sa mise en œuvre. Il faut être en mesure de :
Décider
Se prononcer et établir ce qu’il faut faire ou réaliser. On décidera ainsi de :
Exécuter
Réaliser et accomplir d’après ce qui a été prévu. Il faudra ainsi :
Évaluer
Chercher à connaître l’appréciation du service offert :
La programmation est une liste d’activités bien définies à réaliser à un moment donné, en fonction des groupes d’âge, d’un thème, du matériel et des locaux disponibles.
Plusieurs applications et outils ont été conçus par l’Association des camps du Québec pour aider le personnel d’animation et d’accompagnement dans la préparation de la programmation. En voici quelques-uns :
Tremplin Santé offre une série de défis amusants qui permettent d’innover dans la routine d’un camp. Voir Les défis avec TS : plaisir et apprentissages au camp
L’Association québécoise pour le loisir des personnes handicapées (AQLPH) a conçu pour sa part la Roue des variables inclusives pour favoriser l’adaptation des activités et l’élaboration d’une programmation inclusive.
Les thématiques sont un outil central dans la planification et l’animation d’un camp. Elles donnent une direction à la programmation, stimulent l’imaginaire des enfants, renforcent la cohérence entre les activités et facilitent l’engagement autant du personnel que des enfants. Une bonne thématique peut transformer une simple journée d’activités en une véritable aventure immersive.
Qu’elles soient à long, moyen ou court terme, les thématiques permettent de structurer l’expérience de camp en y ajoutant du dynamisme, de l’imaginaire et de la nouveauté. Pour les gestionnaires, c’est un outil stratégique autant qu’un levier de motivation pour l’équipe d’animation.
Choisir une thématique ou un thème, c’est comme choisir une couleur pour la programmation. C’est un moyen de transmettre des valeurs en alimentant l’imaginaire des enfants. Car, même si on ne le dit pas, le camp poursuit des objectifs éducatifs. Le camp n’est pas l’école, mais c’est quand même un lieu où les activités devraient en poursuivre la mission éducative par d’autres moyens. C’est pourquoi les thématiques devraient être conformes aux objectifs du camp et, de façon plus générale, aux valeurs promues dans le système d’éducation, comme la non-violence, l’égalité hommes-femmes, l’inclusion et la bienveillance.
Évidemment, toute thématique doit être inspirante pour les enfants. Soit elle découle de contenus culturels connus des enfants (bandes dessinées, films, séries, contes et légendes populaires, etc.), soit elle propose un scénario tout à fait inédit, axé sur la découverte, mais que les enfants peuvent comprendre facilement et auquel ils peuvent adhérer avec enthousiasme.
Pour créer une thématique, il convient de suivre une démarche qui implique une réflexion collective au niveau de la direction ou de l’animation, ou des deux, tout dépendant du type de thématique. Dans certains cas (thématique journalière), on peut inclure les enfants dans le choix de celle-ci. Plusieurs éléments sont à prendre en compte, incluant le matériel requis (déjà disponible, à créer ou à acquérir), les coûts, les possibilités d’application concrète (lieux, climat, durée, etc.), les valeurs sous-jacentes, les exigences d’animation ou d’arbitrage au besoin, etc.
Voir Comment créer une thématique dans la section outils au bas de la page.
La programmation d’une semaine de camp exige d’en connaître les différentes composantes. Certaines ne sont pas déplaçables comme le service de garde au début et à la fin de la journée, ou les périodes de repas.
Service de garde : période tampon au début et à la fin de la journée offrant aux parents une plage horaire pour déposer les enfants et les récupérer.
Rassemblement : moment structurant dans la journée où tous les groupes se réunissent en un lieu précis afin de, par exemple, recevoir des consignes, partager des informations, chanter ou faire une démonstration collective avec le thème du jour ou la thématique de la semaine.
Grand jeu : activité de longue ou de moyenne durée qui exige une certaine mise en scène et se déroule sur un thème précis, en relation ou non avec la thématique de la semaine. Le grand jeu renforce l’esprit d’équipe et stimule l’imaginaire. Il mobilise tous les enfants autour d’un scénario ou d’un défi commun. Comme les grands jeux nécessitent une bonne préparation en général, on peut en prévoir un ou deux par semaine. Plus fréquents, les grands jeux pourraient avoir moins d’intérêt pour les enfants.
Bloc de spécialité : certains camps offrent des programmes qui mettent l’accent sur un sport ou un art en particulier. Dans un tel camp, il faut prévoir des blocs d’activités pour la pratique de cette spécialité.
Dîner : période importante marquant la moitié de la journée, où il faut tout de même prévoir une animation légère et souple, vu la vitesse variable à laquelle mangent les enfants.
Sortie : activité spéciale organisée à l’avance où les groupes partent à la découverte d’un autre milieu (naturel ou urbain) ou vont pratiquer une activité à l’extérieur du site du camp. OU une activité spéciale qui se déplace sur le site de votre camp.
Journée spéciale : journée thématique qui plonge les enfants dans un univers original et hors du quotidien. Elle doit être bien planifiée et comprendre des activités à grand déploiement.
Période de baignade : moment déterminé à l'avance où plusieurs groupes vont se baigner dans un plan d'eau sécuritaire (piscine municipale, plage surveillée, etc.)
La planification de l’horaire d’un camp requiert une vision d’ensemble qui tient compte des différentes composantes essentielles au bon déroulement des journées. Il est important d’y intégrer des périodes de transition, des rassemblements pour structurer la journée ainsi que des activités variées qui respectent le rythme des enfants. Certaines plages doivent être réservées à des volets spécifiques du camp, d’autres à des temps forts en grands groupes qui dynamiseront la programmation hebdomadaire. Un horaire équilibré et conçu minutieusement permet d’assurer une expérience à la fois cohérente, stimulante et adaptée aux besoins de tous et toutes.
Rien de plus passionnant que de partir à la découverte des richesses qui nous entourent. Le mot « sortie » évoque peut-être quelque chose de très gros, mais l’ampleur d’une sortie peut varier considérablement. Il y a toutes sortes de sorties, y compris les activités qui nécessitent un déplacement hors site, comme une baignade à la piscine municipale, un pique-nique au parc ou une randonnée à vélo.
La planification des sorties exige une attention spéciale à la sécurité, avant et pendant la sortie, ainsi qu’au retour. Diverses consignes assureront un encadrement sécuritaire et structuré, que ce soit aux abords de l’eau, en forêt ou au musée.
Si le camp ne compte qu’un petit nombre d’enfants, il est plus difficile et plus coûteux d’organiser des sorties. Il est alors avantageux de solliciter des camps voisins pour organiser des sorties communes et répartir les coûts de transport.
Afin d’assurer leur succès, il est important de prévoir les sorties seulement à partir de la deuxième semaine du camp. La première semaine est en effet cruciale pour connaître les enfants dans un contexte sûr et familier et savoir lesquels ont besoin de plus d’encadrement et d’attention.
Budget. Le budget des sorties doit être inclus dans le budget global ou le cadre financier adopté au moment de la planification financière du camp. Il devrait comporter des frais pour le transport et l’accès à certains lieux au besoin. De façon générale, les sorties sont incluses dans le coût d’inscription au camp. Certains camps préfèrent facturer les sorties à la pièce, mais les parents doivent en connaître le coût au préalable.
Activités. Pour programmer des activités de sortie, on peut dresser une liste d’endroits connus, pas trop loin du camp, que l’on juge intéressants à visiter avec des jeunes. On peut demander à d’autres camps une liste de leurs sorties pour s’en inspirer, et peut-être même se joindre à eux pour diminuer les coûts.
Sorties accessibles. Afin d’offrir le plus souvent possible des sorties accessibles à tou·tes les participant·es du camp, l’organisation s’assure d’avoir un processus de sélection des sorties qui tient compte de ces éléments :
S’il n’est pas possible de participer à la sortie, une activité offrant une expérience équivalente est proposée au jeune handicapé·e.
Source : Association québécoise pour le loisir des personnes handicapées, Vers une intégration réussie dans les camps de jour, p. 45
Une fois que l’on a trouvé les coordonnées et les informations générales d’un lieu pressenti pour une sortie, voici une série de questions à poser avant de faire une réservation.
Il est possible d’organiser des sorties sous forme d’activités spéciales à l’extérieur du camp avec des gens du village ou du quartier, par exemple :
Certaines activités spéciales peuvent avoir lieu à l’extérieur du camp, en sorties, ou directement au camp, ce qui élimine la question du transport et du temps pour se rendre au lieu prévu et en revenir. Par exemple :
Par contre, on devra se déplacer pour visiter :
Les URLS peuvent informer les gestionnaires de camp sur les activités offertes aux camps de leur région.
L’Association des camps du Québec a produit un guide pour sensibiliser les gestionnaires à la notion de sécurité dans les déplacements avec un groupe d’enfants. Consultez ce guide avant le camp et invitez votre personnel à faire de même (Guide animation et Guide Gestionnaire). Voir Guide de sécurité pour les sorties des camps de jour.
Le programme Tremplin Santé destiné aux équipes de camp d’été de la fondation Laurent Duvernay-Tardif incite les camps à promouvoir de saines habitudes de vie chez les jeunes. Il propose des outils gratuits, des formations et des activités clés en main axées sur l’alimentation, l’activité physique et le bien-être. En s’inscrivant au programme, les camps reçoivent un accompagnement personnalisé et peuvent participer à des défis amusants pour mobiliser leur équipe et les enfants. C’est une façon simple et dynamique d’intégrer la santé dans le quotidien du camp, tout en s’amusant.
Les camps de jour francophones jouent un rôle essentiel dans la construction identitaire des jeunes vivant en contexte de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM). Ils offrent un espace vivant où les enfants peuvent vivre pleinement en français, tisser des liens avec d’autres francophones et développer un sentiment de fierté et d’appartenance à leur culture. En valorisant la langue, les traditions et les expressions culturelles francophones, les camps contribuent à renforcer la confiance linguistique des jeunes et à assurer la vitalité durable des communautés francophones.
Pour en savoir plus sur la construction identitaire, voir La construction identitaire, c’est quoi?, de l’Association canadienne d’éducation de langue française (ACELF).