Souvent jeunes et à leur première expérience de travail, les membres de l’équipe d’animation et d’accompagnement vivent une étape importante de leur parcours, où ils développent des compétences personnelles, professionnelles et sociales.
À titre d’employeur, le camp joue un rôle essentiel en leur offrant un environnement de travail enrichissant et positif, qui favorise leur confiance et peut influencer leurs choix de carrière. La gestion du personnel, quant à elle, représente une tâche clé pour la personne responsable, tant lors de la mise en place du camp que tout au long de son fonctionnement. Il est donc crucial de bien planifier chaque action afin d’atteindre les meilleurs résultats possibles. Ce volet du guide explore les différentes étapes liées à la gestion du personnel, notamment la détermination des besoins, le processus de recrutement et de sélection, la formation, l’accueil ainsi que l’évaluation.
Pour déterminer le nombre d’animateurs et d’animatrices à embaucher, il y a trois étapes :
Combien d’enfants y aura-t-il à accueillir et à encadrer? Il n’est pas nécessaire d’attendre que la période d’inscriptions soit close pour être fixé, surtout que le recrutement du personnel doit intervenir assez tôt dans le processus de planification.
D’abord les capacités physiques du camp peuvent déterminer un ordre de grandeur. Le lieu, les bâtiments, les services matériels (cuisine, salle à manger, dortoir, etc.) sont autant d’indices de la capacité d’accueil.
Un camp déjà établi peut évidemment se fier à la fréquentation des années précédentes, mais dans le cas d’un nouveau camp, il faudra probablement analyser quelques statistiques de recensement pour avoir une idée du nombre d’enfants dans le milieu environnant et sonder la population cible pour connaître l’intérêt des parents.
Par ailleurs, il est prudent, dans le cadre de la planification, de prévoir un nombre maximum d’enfants, compte tenu du budget et des ressources matérielles déjà disponibles.
Pour trouver des statistiques démographiques
Consultez la section Population et structure par âge et genre – Municipalités de l’Institut de la statistique du Québec.
L’Association des camps du Québec (ACQ) propose des ratios d’encadrement pour assurer la qualité et la sécurité dans les camps. Ces ratios représentent le nombre maximum d’enfants par animatrice·teur dans divers groupes d’âge. L’ACQ distingue les ratios en formule camp de jour municipal (premier tableau) et les autres types de camps (deuxième tableau).
Ratios recommandés par le Cadre de référence pour les camps de jour municipaux
Source : Cadre de référence pour les camps de jour municipaux - 2025 | Association des camps du Québec
Il existe également des ratios plus petits en fonction du groupe d’âge. Ces ratios sont applicables aux camps de vacances, camps familiaux, et camps de jour indépendants des municipalités.
Ratios recommandés selon le type de camp et le groupe d’âge, dans le Cahier des Normes de certification
Source : Cahier des normes de certification – 2025 | Association des camps du Québec
En Nouvelle-Écosse, on trouvera des ratios similaires, avec un nombre maximum pour la taille du groupe, dans Finding Quality Child Care – A guide for parents in Canada.
Pour définir les besoins de personnel en accompagnement, il faut connaître le nombre de jeunes à accompagner, ce qui n’est peut-être possible qu’après la fermeture de la période des inscriptions. Le ratio recommandé dépend généralement des besoins particuliers de chaque enfant à accompagner. Selon l’avis des professionnels de la santé qui suivent ces enfants, le ratio pourrait être de 1 pour 1, 1 pour 2 ou 1 pour 3. Pour l’évaluation des demandes d’accommodement, qui vont souvent de pair avec les besoins en accompagnement, voir le volet 4 Définir les besoins.
Pour assurer une gestion efficace, il est essentiel de bien connaître les rôles et responsabilités de chaque membre de l’équipe, du directeur·trice jusqu’à l’assistant·e animatrice·teur. Chacun de ces postes joue un rôle complémentaire dans le bon fonctionnement du camp, et comprendre cette structure permet de savoir à qui se référer en cas de besoin et comment les responsabilités sont réparties. L’élaboration d’un organigramme clair facilite la communication, la coordination des tâches et la gestion en général. C’est un outil de référence incontournable pour l’ensemble du personnel. Voici les postes clés qui doivent minimalement s’y retrouver.
Une fois les besoins en ressources humaines bien déterminés, il faut procéder à l’embauche de l’équipe. Si votre camp relève d’une municipalité, cette étape cruciale peut être prise en charge par le Service des ressources humaines, sinon il faudra vous acquitter de cette tâche directement.
Le processus comporte plusieurs étapes, qui vont de l’affichage de poste jusqu’à l’évaluation finale des candidatures, en passant par les entrevues en groupe ou individuelles, la vérification des références et des antécédents judiciaires et les réponses à tou·tes les candidat·es.
Plusieurs outils peuvent vous aider dans le processus dans la section Ressources humaines du Guide des bonnes pratiques de l’Association des camps du Québec.
Parfois négligé, l’accueil du personnel est important pour la dynamique du camp. C’est une étape qui peut donner le ton au service. Souvent, les personnes embauchées en sont à leur première expérience de travail. Démontrer à chaque employé·e qu’il ou elle sera soutenu·e, bien encadré·e et reconnu·e par son employeur ne peut que favoriser son intégration dans l’équipe et l’inciter à faire de son mieux. L’accueil crée ainsi un sentiment d’appartenance.
La formation du personnel est un gage de qualité du camp pour plusieurs raisons. Bien qu'elle ne soit pas une fin en soi, elle est un moyen essentiel pour transmettre des connaissances de base à tout le personnel et offrir un camp de qualité, sécuritaire et inclusif à toutes les clientèles.
L’ACQ a développé la formation UrsaMajor, un programme de formation à l’intention des directrices et directeurs de camp du Québec conçu par des pairs d’expérience et des expert·es de l'industrie. Il s’agit actuellement de la seule formation en gestion de camp au Québec. Actuellement, elle est réservée aux gestionnaires membres de l’ACQ, mais il n’est pas impossible qu’elle ouvre à l’échelle du Québec (ou en dehors).
Tout au long de l’été, la ou le gestionnaire responsable du camp doit effectuer un suivi régulier avec les employé·es. Il y aura ainsi moins de surprises au moment de l’évaluation, et chaque employé-e appréciera les commentaires de son ou sa supérieur·e sur son travail. Pour favoriser cette rétroaction, il est recommandé de se déplacer sur les divers lieux du camp régulièrement, de rencontrer les employé·es en pleine action, de leur parler avec bienveillance, et de recueillir leurs opinions. Des rencontres hebdomadaires avec l’équipe d’animation permettent également de prendre le pouls du camp régulièrement, et donc de mettre en évidence ce qui va bien ainsi que ce qui va moins bien. La direction du camp peut ainsi corriger le tir rapidement, s’il y a lieu.
Il est important d’être ouvert, disponible et à l’écoute de l’équipe d’animation. Les employé·es se sentiront alors en confiance, et ne redouteront pas de parler à leur responsable. Celle-ci ou celui-ci pourra avoir l’heure juste plus facilement sur le fonctionnement et le déroulement du camp au jour le jour.
Malgré des horaires qui peuvent être chargés, des réunions hebdomadaires efficaces sont possibles. Intégrez-les à la routine, choisissez un moment fixe (par exemple, en fin de journée), et assurez-vous qu’elles soient courtes, structurées et axées sur l’action. Un climat positif et participatif, valorisant les réussites et les bonnes idées, renforce la cohésion et permet d’assurer un suivi collectif sans surcharger le personnel.
Afin de prévenir tout type de violence et de conflits entre employé·es, chaque camp doit adopter certaines mesures telles qu’un code de vie, un code d’éthique et des règles disciplinaires. La sécurité au camp s’applique à bien des choses, notamment l’environnement, les équipements, mais aussi aux relations entre toutes les personnes présentes sur les lieux.
À ce sujet, l’Association des camps du Québec (ACQ) a conçu un programme de sensibilisation pour prévenir la violence et l’intimidation dans les camps. Ce programme est assorti d’une trousse d’outils qui constitue l’Opération Drapeau. Téléchargez le Guide des gestionnaires de cette trousse et référez-vous-y pour faire de votre camp un vrai milieu de vie sécuritaire pour tous et toutes.
Dans un camp, il arrive tous les jours des situations qui exigent que l’information circule efficacement : une activité qui s’ajoute au programme, un changement d’horaire, une activité annulée, un·e animatrice·teur qui arrive en retard, un·e accompagnatrice·eur s'absente pour cause de maladie, un parent qui viendra chercher son enfant plus tard que prévu, un nouveau jeune qui s’inscrit, etc. Pour qu’un camp se déroule bien du début à la fin, il est très important que les communications soient fluides et efficaces.
Prendre le temps de communiquer les bonnes informations aux personnes concernées, instaurer des moyens de communication efficaces avec les parents et le personnel, s’assurer que les employé·es puissent bien communiquer entre elles et eux, voilà les clés de la réussite!
Le ou la gestionnaire d’un camp a la responsabilité de s’assurer les communications fonctionnent bien tout au long du camp : communications avec l’extérieur et communications internes, verticales et horizontales, et dans les deux sens. Il ou elle devra décider quand et comment on doit diffuser telle ou telle information, laquelle peut être diffusée plus largement, laquelle doit rester confidentielle, lesquelles doivent remontrer jusqu’à lui ou elle.
Plusieurs moyens peuvent être mis à profit afin de s’assurer que l’information soit transmise adéquatement. En voici quelques-uns :
Il est essentiel de sensibiliser tous le personnel à l’utilisation des réseaux sociaux et à ses impacts, notamment en ce qui concerne la vie privée et la sécurité des enfants. L’équipe d’animation doit comprendre qu’il est strictement interdit de publier des photos ou des vidéos des enfants sur leurs comptes personnels, même avec de bonnes intentions. Toute diffusion d’image sans l’autorisation écrite des parents constitue une atteinte à la vie privée et peut avoir des conséquences judiciaires. De plus, les contenus partagés en ligne peuvent facilement échapper à tout contrôle et nuire à la réputation du camp. Une utilisation responsable et encadrée des réseaux sociaux est donc primordiale pour protéger les enfants, les membres du personnel et l’image du camp.
« La motivation, c’est ce qui pousse quelqu’un à faire quelque chose qu’il veut faire », voilà le défi à relever par le ou la gestionnaire du camp auprès du personnel. La motivation des membres de l’équipe d’animation joue un rôle majeur dans le succès d’un camp.
La motivation a ainsi un impact positif sur le personnel d’un camp. Cet impact peut se traduire par :
Si le ou la gestionnaire désire que les employé·es s’impliquent dans leur travail avec énergie et qu’ils se dépassent, il ou elle devra prendre les moyens pour motiver le personnel. Le ou la gestionnaire doit lui-même ou elle-même être motivé·e pour son propre travail s’il ou elle veut motiver ses employé·es.
Voir liste d’idées pour stimuler l’équipe d’animation dans la section outils.
Bien qu’elle soit extrêmement enrichissante, l’animation estivale n’est pas un emploi de tout repos. Elle nécessite des qualités de leader, de l’originalité, un sens aigu des responsabilités et beaucoup d’énergie. Ce travail exigeant est parfois une porte d’entrée à l’engagement social ou communautaire dans leur milieu pour plusieurs jeunes aux études et il constitue souvent leur première expérience sur le marché du travail. Voilà, entre autres, pourquoi la reconnaissance du travail accompli par ces jeunes est si importante.
Les équipes de gestion des camps sont invitées à souligner le travail remarquable de tous le personnel de coordination, d'animation et d'accompagnement qui œuvrent auprès des enfants. Vous cherchez des idées pour remercier votre personnel? Voici quelques exemples d’activités de valorisation du travail de l’équipe d’animation :
Pour s’assurer que le travail est bien fait, la ou le gestionnaire doit évaluer le rendement des employé·es. C’est l’une des tâches les plus importantes que doit accomplir le ou la responsable du camp. Cette tâche peut paraître ardue et compliquée pour la ou le gestionnaire peu expérimenté·e ou qui n’est pas toujours présent·e sur les lieux du camp, mais il y a plusieurs façons de faire une évaluation. Il faut aussi permettre aux employé·es de s’autoévaluer et même d’évaluer leur gestionnaire de manière anonyme à la mi-été ou à la fin de l’été.
Depuis 2014, le Conseil québécois du loisir (CQL) et ses partenaires du programme DAFA organisent chaque année (ou presque) les « Journées de l’animation et de l’accompagnement ». Ces Journées ont été créées afin de valoriser le travail exceptionnel du personnel d’animation et d’accompagnement au Québec et marquer l’apport significatif que les animatrices·teurs et accompagnatrices·teurs offrent aux jeunes qu’ils et elles côtoient au quotidien dans les milieux de loisir.
La dernière édition fourmillait d’idées clé en main pour valoriser l’animation en camp.